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L’âge de Périclès

461-429 av. J.-C. Athènes (Grèce)

En bref

Pendant une trentaine d’années, Périclès a été l’homme politique le plus écouté d’Athènes, réélu stratège presque chaque année. Il a fait payer une indemnité à ceux qui exerçaient des charges publiques, si bien que même les citoyens pauvres pouvaient participer au gouvernement. Avec l’argent de la ligue des cités alliées, il a financé de grands travaux sur l’Acropole. Autour de lui se réunissaient artistes, philosophes et écrivains, et Athènes est devenue le centre culturel du monde grec.

Pourquoi c’est important Son époque est connue comme l’âge d’or d’Athènes, même si elle a été bâtie en partie avec l’argent des alliés.

Source : Encyclopaedia Britannica, « Pericles »

Illustration : L’âge de Périclès (Athènes (Grèce))
Illustration créée avec l’IA pour Storiascopio
L’âge de Périclès : Athènes (Grèce)
Où : Athènes (Grèce)

Fiche pour étudier environ 6 minutes de lecture

Le récit

Un noble du côté du peuple

Périclès naquit à Athènes vers 495 av. J.-C., dans le dème de Cholargos, un quartier d’Athènes. La date n’est pas sûre. Il était de famille aristocratique : son père, Xanthippos, était un homme politique important, et sa mère, Agaristè, descendait des Alcméonides, la même puissante famille que Clisthène. Pourtant, en politique, Périclès choisit d’être du côté du peuple. Il fut l’élève et l’ami d’Éphialtès, le chef du parti démocratique.

En 462 av. J.-C., Éphialtès réussit à réduire les pouvoirs de l’Aréopage, le vieux conseil des nobles, qui jusque-là avait un rôle de contrôle sur les lois et les magistrats. Peu après, Éphialtès fut tué, et Périclès prit la tête du parti. Cette même année, il fit envoyer en exil par ostracisme son principal adversaire, Cimon, accusé d’être trop favorable à Sparte. C’est pourquoi notre site indique 461 av. J.-C. comme début de l’âge de Périclès.

Une seule charge, renouvelée pendant des années

Périclès ne fut jamais un roi ni un tyran. La seule charge qu’il occupa officiellement fut celle de stratège, c’est-à-dire de général : les stratèges étaient dix, élus chaque année par l’assemblée. Après 442 av. J.-C., quand son adversaire Thucydide fils de Mélésias fut envoyé en exil, Périclès fut réélu stratège chaque année. Sa force reposait sur la persuasion : il parlait à l’assemblée, convainquait les citoyens, et ses propositions étaient approuvées.

Plus de pouvoir aux citoyens pauvres

Avec Périclès, la démocratie athénienne s’élargit. Peu après 454 av. J.-C., il établit une indemnité, le « misthos », pour les citoyens qui servaient de jurés dans les tribunaux populaires. Cela semble un détail, mais cela changeait tout : avant, celui qui devait travailler chaque jour pour vivre ne pouvait pas se permettre de passer des heures au tribunal ou à l’assemblée. Avec une indemnité, même les plus pauvres pouvaient participer à la vie publique.

L’argent des alliés et la ville nouvelle

Athènes était devenue la tête de la ligue de Délos, une alliance de cités grecques contre les Perses, dont les membres payaient une contribution. Le trésor de la ligue fut transféré à Athènes en 454-453 av. J.-C. Périclès l’utilisa pour un grand programme de constructions. Des sommes énormes, de l’ordre de milliers de talents (un talent était une grande quantité d’argent), furent destinées à reconstruire les temples détruits par les Perses. Sur l’Acropole s’élevèrent les Propylées, l’entrée monumentale, et le Parthénon, avec la grande statue d’or d’Athéna. Le chantier donna du travail à beaucoup d’artisans, de sculpteurs, d’ouvriers et de marins.

C’est le côté discutable de l’âge d’or : la beauté d’Athènes fut payée aussi avec l’argent de cités alliées, qui se sentaient de moins en moins alliées et de plus en plus sujettes. C’est pourquoi le jugement sur son époque reste double.

Les amis de Périclès et leurs ennuis

Autour de Périclès se rassemblaient des artistes et des philosophes. Phidias, le sculpteur, dirigea les travaux de l’Acropole. Anaxagore, philosophe, influença la façon de penser de Périclès. Aspasie, sa compagne, était une femme cultivée et intelligente. Mais la liberté de pensée avait des limites. Phidias fut accusé de s’être approprié des matériaux et d’impiété, c’est-à-dire de manque de respect envers les dieux, et, selon la tradition, mourut en prison (aujourd’hui on pense qu’il fut exilé à Élis). Anaxagore fut accusé d’impiété et condamné à une amende et à l’exil. Aspasie fut accusée de corrompre les femmes athéniennes, mais elle fut acquittée. Ce sont des épisodes qui montrent que les ennemis de Périclès, ne pouvant pas le frapper lui, frappaient ceux qui étaient proches de lui.

La guerre et la peste

En 431 av. J.-C. éclata la guerre contre Sparte. Périclès fit un choix prudent : ne pas affronter les Spartiates en bataille ouverte, mais faire se réfugier les habitants de l’Attique à l’intérieur des Longs Murs, qui protégeaient la ville, et utiliser la flotte pour frapper l’ennemi par la mer. Après la première année de guerre, il prononça un discours pour les soldats tombés, rapporté par Thucydide, dans lequel il loua la liberté et les lois d’Athènes.

À l’été 430 av. J.-C., une épidémie éclata dans la ville surpeuplée. Périclès perdit sa sœur et ses fils légitimes. Il mourut lui aussi, de la peste, à l’automne 429 av. J.-C. Il avait dirigé Athènes pendant une trentaine d’années. Après lui, aucun chef n’eut son autorité.

Pourquoi c’est arrivé

Athènes était sortie des guerres médiques avec un énorme prestige. Sa flotte était la plus forte de Grèce et la ligue de Délos lui donnait chaque année une grande quantité d’argent. Cela rendit possible un projet de construction qu’aucune autre cité grecque ne pouvait se permettre.

Sur le plan politique, les réformes de Clisthène et le poids croissant des marins et des petits citoyens, qui faisaient fonctionner la flotte, avaient rendu le peuple de plus en plus fort. Les citoyens pauvres demandaient à compter davantage, et Périclès les satisfit. Pour les nobles conservateurs, en revanche, sa politique était une menace : d’où les ostracismes et les batailles politiques des années 460 et 450.

Ce qui a changé

Le Ve siècle av. J.-C. est souvent appelé « siècle de Périclès » parce qu’à cette époque, Athènes fut le centre de la culture grecque. On construisit des édifices qui sont aujourd’hui encore un symbole de la Grèce, des sculpteurs comme Phidias travaillèrent, les grands auteurs de tragédies écrivirent, ainsi que des historiens comme Hérodote et Thucydide.

Mais il y eut des conséquences moins brillantes. L’usage du trésor de la ligue pour Athènes augmenta le ressentiment des alliés. Et la force croissante d’Athènes fit peur à Sparte, jusqu’à la guerre du Péloponnèse : une guerre longue et ruineuse, que Périclès ne vit pas finir.

Son modèle de gouvernement fait encore l’objet de discussions. Pour certains, c’est l’exemple d’une démocratie où un chef convainc les citoyens par le raisonnement ; pour d’autres, il montre les risques de dépendre trop d’un seul homme charismatique. Dans tous les cas, l’idée que les citoyens doivent pouvoir participer à la vie publique indépendamment de leur richesse nous est parvenue.

Personnes et lieux clés

Personnes

Périclès
Homme politique athénien (environ 495 - 429 av. J.-C.), stratège réélu pendant des années et guide d’Athènes dans sa période de plus grande splendeur.
Éphialtès
Chef démocrate, maître de Périclès : en 462 av. J.-C., il réduisit les pouvoirs de l’Aréopage et fut tué peu après.
Phidias
Sculpteur ami de Périclès et directeur des travaux de l’Acropole.
Anaxagore
Philosophe qui influença Périclès ; il fut accusé d’impiété.
Aspasie
Compagne de Périclès, femme cultivée, accusée puis acquittée.
Cimon
Adversaire de Périclès, envoyé en exil par ostracisme en 461 av. J.-C.

Lieux

Acropole d’Athènes
La colline des temples, rénovée avec le programme de construction de Périclès.
Longs Murs
Les murs qui protégeaient Athènes : c’est à l’intérieur que Périclès fit se réfugier les habitants de l’Attique en 431 av. J.-C.
Cholargos
Le dème, c’est-à-dire le quartier-village, près d’Athènes où naquit Périclès.

À savoir

  • Périclès fut stratège presque chaque année, mais il ne fut jamais ni roi ni tyran : chaque fois, il devait être réélu.
  • Des sommes énormes, de l’ordre de milliers de talents, furent destinées à reconstruire les temples.
  • La peste de 430 av. J.-C. lui enleva sa sœur et ses fils légitimes, avant de le tuer en 429.
  • Après la première année de guerre, Périclès prononça le discours pour les morts que Thucydide nous a transmis.

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